roberto juarroz - poésie verticale

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roberto juarroz - poésie verticale

Message par gmc le Ven 18 Jan - 15:17

Y aura-t-il un rythme dans la mort,
au moins un rythme ?

Peut-il y avoir quelque chose sans rythme ?

Toute l’énigme, sans doute,
consiste à le trouver.

Nous pouvons commencer
par le silence (15ème p.v.)



Ils étaient pour un autre monde
Tout dialogue, rompu.
Tout amour, rapiécé.
Tout jeu, marqué.
Toute beauté, tronquée.

Comment sont-ils arrivés jusqu’ici ?

Tout dialogue, verbe.
Tout amour, sans pronoms.
Tout jeu, sans règles
Toute beauté, offrande.

Il y a sans doute une faille
dans l’administration de l’univers
Des créatures erronées ?
Des mondes égarés ?
Des dieux irresponsables ?

Ils étaient pour un autre monde (14ème p.v.)



La nudité est antérieure au corps, et le corps quelquefois s'en souvient



Il dessinait partout des fenêtres.
Sur les murs trop hauts,
sur les murs trop bas,
sur les parois obtuses, dans les coins,
dans l'air et jusque sur les plafonds.
Il dessinait des fenêtres comme s'il dessinait des oiseaux.
Sur le sol, sur les nuits,
sur les regards tangiblement sourds,
sur les environs de la mort,
sur les tombes, les arbres.

Il dessinait des fenêtres jusque sur les portes.
Mais jamais il ne dessina une porte.
Il ne voulait ni entrer ni sortir.
Il savait que cela ne se peut.
Il voulait seulement voir : voir.

Il dessinait des fenêtres.
Partout.(12ème p.v.)



Etre.
Et rien de plus.
Jusqu'à ce que se forme un puits en-dessous.

Ne pas être.
Et rien de plus.
Jusqu'à ce que se forme un puits au-dessus.

Ensuite,
entre ces deux puits,
le vent s'arrêtera un instant.(12ème p.v.)

gmc

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