Ballade du Ciel et de la Terre et de celui qui les chanta
Ballade du Ciel et de la Terre et de celui qui les chanta
Je vous escris du fond des bois,
Par bonne mocque de l'hiver,
Car plus n'ay amour que pour moi,
Comme l'ivrogne pour le verre,
Et le caspitan à la mer.
Je ne sauroi, dolent esprit,
Jamais de mes refrains complaire
Les cieux que le malheur desdit.
Et par bonne mocque des lois,
Qui, pour vivre de leurs ribauldes,
Usent du clerc qui ne sauroit,
Jamais faire le mal qu'en odes !
Je n'ay plu goût de rimes chaudes
Et des amoureuses ballades.
De leurs joyeulsetés maraudes
Mon coeur en aura chu, malade.
Cependant, les yeulx du mendiant,
Comme escouvillons n'aiment guère
Permettre cécité aux dents :
Jaloux qui revient de la guerre.
De sa blessure est chascun fier.
Moi, je veuil écouter, sans ruse,
Jusqu'à ma seconde dernière :
J'aurais aimé que forces s'usent.
Par bonne mocque de l'hiver,
Car plus n'ay amour que pour moi,
Comme l'ivrogne pour le verre,
Et le caspitan à la mer.
Je ne sauroi, dolent esprit,
Jamais de mes refrains complaire
Les cieux que le malheur desdit.
Et par bonne mocque des lois,
Qui, pour vivre de leurs ribauldes,
Usent du clerc qui ne sauroit,
Jamais faire le mal qu'en odes !
Je n'ay plu goût de rimes chaudes
Et des amoureuses ballades.
De leurs joyeulsetés maraudes
Mon coeur en aura chu, malade.
Cependant, les yeulx du mendiant,
Comme escouvillons n'aiment guère
Permettre cécité aux dents :
Jaloux qui revient de la guerre.
De sa blessure est chascun fier.
Moi, je veuil écouter, sans ruse,
Jusqu'à ma seconde dernière :
J'aurais aimé que forces s'usent.
Dernière édition par Eärendil le Ven 1 Aoû - 5:50, édité 1 fois




